Souris des villes et Rat des champs

Quand une Souris des villes rencontre un Rat des champs

11 septembre 2008

Mercredi, c'est du joli !

Bon, au risque de paraître un poil copieuse, je me lance dans le récit d'un mercredi de rentrée...quand je vois à quel point c'est à hurler de rire chez les autres, je me dis que peut-être que si je l'écris, le mien aussi me tirera un rictus amusé...

Donc, hier, mercredi, réveil à 7H moins le quart comme tous les jours pour Rat des Champs qui donne son bib à Mulot N°3 et l'emmène à la crèche pour ma matinée de liberté...enfin, en théorie. Il faut quand même que je vous dise que mon Rat des Champs se lève dans le noir pour ne pas me réveiller, attrape ses fringues en boule toujours dans le noir, et contourne le lit en se cognant un orteil encore dans le noir...mon seul effort matinal consiste à tendre le cou et les lèvres derrière ma touffe de cheveux en bafouillant "hmm...'nne journée mon coeur....rrr"

Mais là, alors que Mulot N°2 a été donné à l'export pour la nuit et que RIEN ne m'oblige à me lever, je sens que ça merde. Bon, d'abord, envie de pipi. Je suis surtout une Souris à cause de ma vessie undersized...donc je me lève et titube jusqu'aux toilettes, feuillette le catalogue La Redoute par habitude et retourne me coucher. En passant devant la salle de bain, je ne résiste pas à la tentation de monter sur ma balance à la seule heure de la journée où j'ai une petite chance d'avoir maigri par rapport à la veille. Attraper mes lunettes (oui, en plus la Souris est une taupe), monter, positionner correctement mes pieds, un peu plus à gauche, légèrement en arrière sur les talons...lààààààà...pile où ça fait le poids le plus léger. OK. Je suis fière de moi.

Rassurée, je trottine vers ma chambre et me glisse sous les draps en soupirant de bonheur. Je lisse la couette, me la remonte sous le menton et ferme les yeux. Et j'attends. J'attends.

Et j'écoute. Rat des Champs regarder les infos, Mulot N°3 gazouiller et ronchonner pendant l'habillage. La porte qui claque. Le silence. La tourterelle près de ma fenêtre de chambre. Mon souffle...OK, c'est mort ! J'ai pas sommeil. Mais pas sommeil du tout.

Un peu énervée, je me fais mon plateau petit dej et farfouille dans mes papiers pour sortir tous les trucs à régler de la journée : les devis de nounous pour le RV à la CAF, le coupon d'inscription au tennis, le planning de l'école de musique, les faire-parts pour les cadeaux de naissance (Mon Dieu, y'en a un qui est né en février !), la liste de courses, aller chez des copines récupérer des trucs et me délester d'autres.

J'envoie 2-3 textos pour préparer le terrain : un à une copine chez qui je dois récupérer un lit parapluie, un à la baby-sitter pour samedi soir (pour une fois je  vais m'y prendre en avance...), un à Monsieur Ex pour lui dire que j'attends le Mulot à 13H30 car il veut voir la crèche de son frère.

Un coup d'oeil à la météo qui dit "mitigé", donc j'enfile un slim, puis une robe tunique, puis une veste en cuir, un sautoir, des Repetto et un chignon vite-fait. C'est parti. J'empoigne quand même le panier en osier pleins de moules à gâteaux vides qu'une amie m'avait laissé suite à un déjeuner en me disant que je lui dépose en premier et qu'après je serai légère et stylée, un peu comme les pages modes de la rentrée !

Atmosph_res

Toute pleine de cette merveilleuse image de moi, j'en oublies la poubelle de couches dans l'entrée. Je m'en rends compte à mi-chemin des escaliers. Je remonte. J'arrive dehors en sueur et beaucoup moins stylée.

A peine franchi le seuil de la pharmacie de mon amie, celle-ci s'exclame "Ah, Souris des Villes, super, j'ai plein de choses à te donner !"

J'essaye un sourire un peu constipé et lui dit que moi, surtout, je venais me débarrasser de son panier... Et là, elle me tend un sac plastique énooooorme avec des arrosoirs en métal du baptême du Mulot "Garde, garde, je te les donne" Mais ce n'est pas fini : il y des cadeaux pour les Mulots de la part de Souris Grise qui les a laissé là en dépot, des dentifrices saveur chewing-gum qui arrivent à leur date d'expiration et qu'elle leur donne , plus des crèmes pour moi. Confuse de mon manque d'enthousiasme initial, je remercie, demande une crème pour le change qui est moins chère par 2 donc je prends un lot, et me retrouve non plus avec 1 mais 2 sacs.

Je pars donc à la CAF chargée comme une mule pontificale, toute moite parce que finalement il ne fait pas mitigé mais estival et en me dévissant la tête pour téléphoner avec les 2 mains prises.

Là bas, c'est juste l'horreur. Toutes les mamas africaines de la ville sont venus avec tous leurs bouts de choux : plus personne n'a école le mercredi matin, ça se voit ! En plus, plutôt que de faire des travaux pendant l'été, "'la CAF nous informe que, pour notre bien être, elle procède à des travaux d'embellissement de l'espace accueil". Début septembre. Quand toutes les mères de familles et tous les RMIstes de France ont un truc à demander à leur CAF.

1 heure plus tard, j'ai dans la main un prospectus que j'avais déjà téléchargé sur le site de la CAF et la vague assurance qu'une partie de mes frais de garde sont pris en charge. Je suis à la bourre, je sens que la matinée dérape. Toujours encombrée de mes 2 sacs, mon blouson en boule dans l'un d'eux, je téléphone pour donner mon accord à la nounou et voit passer devant moi une des personnes que je devais voir, l'embrasse tout en continuant de téléphoner, essaye de prendre RV pour un entretien avec la nounou et de demander à mon ami ce que je venais chercher mais il est pressé. Résultat, 1 minute plus tard, j'ai oublié l'heure du RV avec la nounou et je repars les mains vides de ce que je venais chercher.

nounou

J'essaye d'appeler ma copine chez qui se trouve mon lit parapluie : répondeur. Je rentre chez Monop, me souvenant que mon frigo ressemble au Sahel, achète des trucs pas lourds du tout : lait de croissance, jus d'orange, caissette de viande, couches...

Suant, pestant, coincée derrière 1 mamie qui achète une paire de mis-bas chair et des ados qui sont 14 sur un paquet de Haribo et une bouteille de Fanta et qui cherchent leur monnaie, je finis par m'extraire du Monop. Il est midi.

Je remonte chez moi ranger les courses, me déshabille en laissant tout en tas dans le couloir, saute dans une robe, pschitte un coup de parfum cache-misère et fonce chez ma copine qui a enfin répondu et qui bizarrement a l'air un peu crevée ?!? Ah ben oui, c'est mercredi !

Là, je sens bien que l'atmosphère a viré au drame ce matin puisque, les yeux au milieu du visage, la main secouée de tremblements spasmodiques, elle insiste pour que je "prenne un p'tit café, si, si, ça nous fera du bien " à midi quinze...

1 heure plus tard, et 2 cafés-clopes (pour elle) plus loin, je regarde poliment ma montre en glissant que peut-être, ses enfants ont faim, et que je venais juste récupérer un lit et trouver un chapeau...une fois le chapeau (splendide !) trouvé et les enfants renvoyés dans leur chambre, je fonce dans la rue en traînant derrière moi un lit parapluie à roulettes qui fait un bruit de vieux train Corail sur les pavés de ma bonne ville. Je jette le lit dans mon hall d'entrée et le chapeau entre les dents je courre au R.V. d'avec Mulot qui venait tout seul, comme un grand, de chez Monsieur Ex.

Au lieu du RV, personne. J'attends 2 minutes.3.J'ai pas mon téléphone...je panique...je pars en courant vers son point de départ. Et je trouve mon Mulot, flânant, la trottinette à la mains, pas pressé du tout. Je hurle. Puis je l'embrasse. Et je re-hurle.

On remonte chez nous, on laisse la trottinette, le chapeau et on part en courant vers la crèche. Il faut 1/2 heure pour y aller, on doit y être à 14H et il est 13H42...

A 14H12, on est là, en sueur et en protège-chaussures en plastique bleus, tous les 2 gâteux devant un Mulot N°3 qui, immobile il y a 15 jours, rampe maintenant vers nous en poussant des cris de joie perçant !

En rentrant tranquillement, sous le soleil, avec mes Mulots, je me dis que la partie calme de la journée va commencer."Maman, j'ai mal au ventre...très mal" Mon pauvre Mulot est tout pâle et ça n'a pas l'air d'être du chiqué. "Mais ça va ? tu peux tenir le coup jusqu'à la maison"

Nan, en fait, il ne pouvait pas. On a du faire un arrêt forcé au cinéma où j'ai passé 15 minutes derrière la porte des toilettes à demander si "ça allait ?" à une pauvre petite voix qui me répondait"Nannnnnn......j'ai maaaal..." pendant que Mulot N°3 bavait comme un fou en réclamant avec des cris impérieux le pop-corn qu'il appercevait derrière la vitrine devant laquelle je l'avais collé.

En sortant de là, au Mulot qui me jurait qu'il n'avait mangé que du concombre chez Monsieur Ex, j'ai fini à force de hurlements à soutirer qu'il avait eu des oeufs et de la viande et des pommes de terre et de la crème à la vanille en dessert...Bravo la diététique, ça va se rêgler entre adultes ça !

Arrivée à la maison, il est 15H15, ça fait 3 fois depuis ce matin que je monte et descend mes 3 étages les bras chargés, je n'ai pas déjeuné et Mulot N°2 est toujours enfermé aux toilettes.

Je colle le Mulot N°3 dans son lit et allume la Nespresso (peut-être qu'à la longue le café ça nourrit ?).

Après, j'ai fait siester tout le monde, je me suis jetée dans la montagne de papiers qui s'empilait depuis la rentrée et j'ai fini par manger 2 tranches de jambon arrosées de café en rédigeant des chèques à la chaîne.

La journée s'est finie de façon plus cool, les activités ne reprennent que la semaine prochaine, alors parc pour tout le monde, retrouvailles avec les copains pour Mulot  N°2 et dégustation de cailloux, copeaux, vieux mégots pour Mulot N°3 qui mange vraiment tout ce qu'il trouve.

Une fois tout ce petit monde baigné, peigné, pschitté au "sent-bon de la marque aux cerises que j'aime tant", attablé devant leur riz au lait fait par Maman Souris desVilles, Rat des Champs est rentré et avec le plus sexy des sourires m'a demandé "C'est super, hein, pour toi d'avoir ton mercredi ?"

"Super mon Amour, allez, sers moi un verre de pif !"

verre

Posté par Sourisdesvilles à 10:51 - Billets d'humeur - Commentaires [11] - Permalien [#]



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