Bon, d'accord, le titre de ce post sonne comme une inscription de pochette surprise de fête foraine...pas terrible !

Ce dont je voulais vous parler pour commencer cette nouvelle semaine, c'est de la joie que nous ressentons lorsque nous nous préparons à recevoir. Peut-être ne devrais-je parler que pour moi : j'en connais certaines qui s'angoissent et redoutent de recevoir...j'en connais même d'autres pour qui il s'agit d'une véritable corvée ! Une de mes amies musaraigne "desesperate-no-cooking wife" m'a même formellemet interdit de trop bien les recevoir elle et son mari car en sortant de chez moi elle pense déjà à l'obligation de rendre l'invit autour de son unique (mais délicieuse !) recette :  les lasagnes...

En ce qui me concerne, recevoir est une vraie joie, un petit plaisir que je cultive et qui commence au simple geste un peu démodé de prendre mon stylo-plume pour écrire à l'encre marron, un peu épaisse, sur le papier ivoire de mon agenda en cuir patiné.  J'adooooooooore écrire le nom de mes invités, composer ma table. Puis je cherche dans mes livres, dans les fiches cuisines de Elle, dans les émissions dans l'air du temps, des idées de recettes. J'imagine les goûts, les mélanges, la surprise ou l'étonnement de mes invités.

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Ce week-end, j'ai expérimenté l'usage du gingembre...détonnant !

Je compose mon menu en fonction des invités, de la saison, de mon humeur...du temps dont je dispose ou du magasin où je pourrais faire mes courses !

Pour des Souris-femmes au foyer, une table archi-raffinée et des plats servis à l'assiette, peu de vin mais des douceurs à grignoter avec le café et du champagne rosé pour jouer les princesses le temps d'une soirée ; pour un dîner de chasseurs, un coupon de tissus écossais en guise de nappe, un coup de pschitt d'Evian dans la cave à cigares (pas très orthodoxe mais très efficace ), un plateau de verres à cognac et des cartes à jouer prètes à servir  et une façon exotique d'accomoder le gibier ; pour une fête des mères en famille, des plats bourgeois traditionnels qui rassurent les grands-parents, la nappe ou le plat en argent offerts bien en évidence et des petits présents des mulots dans chaque assiette.

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Petite fille, Bon-Papa et Bonne-Maman Souris des villes recevaient régulièrement, avec raffinement et avec l'amour des belles et bonnes choses : en robe de chambre, mes cheveux bien nattés, je considérais comme un privilège de pouvoir mettre le couvert sans laisser de traces de doigts, de passer une par une les tiges de freesias ou de roses à Maman qui composait elle-même tous ses bouquets, de préparer les petits plats d'amuse-gueule ou d'avoir à  vérifier à travers la porte du four que les tartes fines doraient sans brûler. Souvent, avec la dame qui tenait notre maison, j'avais été chez les commerçants choisir les chapons à la couronne de plumes étonnante sur leur corp nu, les fromages odorants, l'huile d'olive de qualité ou le pain bien cuit à la mie un peu acide.

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Très important, le domaine réservé de Rat des Champs, l'accord mets-vins

Puis tournicoter autour de Maman qui se maquille, sentir l'odeur de sa poudre, effleurer un chemisier en soie ou une robe en crêpe, attendre la goutte de parfum derrière l'oreille à laquelle j'aurais exceptionnellement droit ! Aujourd'hui, étant maman à mon tour, je m'amuse des yeux émerveillés des Mulots lorsque je sors de ma chambre apprétée, parfumée. Ce sont eux qui piétinent, excités, entre l'entrée et le salon, car ils savent qu'ils doivent dire bonsoir et se coucher.

Je ne peux m'empêcher de ressentir une grande bouffée de bonheur quand je contemple une table d'une dizaine de couverts, aux cristaux étincelants, à l'argenterie reflêtant doucement la lumière des bougies, aux fleurs fraîches bien souvent négligemment jetées dans un contenant étonnant (du chauffe plat en argent aux panier de pêche à la crevette en passant par les mini-potirons, tout y est passé !). Puis j'ai mes petits rituels : allumer une bougie parfumée, toujours la même depuis plus de 10 ans, faire ma sélection de CD, glisser un morceau de jazz langoureux dans la platine et attendre le premier coup de sonnette en grignotant un morceau de fromage...une vraie Souris j'vous dis !

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Mais ne croyez pas que je n'aime pas l'imprévu, la simplicité ! Samedi soir, un couple d'amis s'est décommandé, d'autres se sont invités puis ceux qui s'étaient décommandés...sont venus quand même ! Il en a résulté un joyeux foutoir, fait de morceaux qu'on se partage, "y'en a pas assez puis finalement il en reste", de verres dépareillés et de grandes discussions. A 2 h du matin tout le monde se sentait bien là. Surtout moi.

Bonne semaine !

Dans un tout autre registre, pour lui répondre :

je ne sais pas trop à combien de motifs de "râlage" j'ai droit...alors je vais essayer de faire court !

- je râle contre moi-même en premier lieu, je me traite même parfois de tous les noms, ce qui fait, par ricochet, râler Rat des Champs qui trouve que je suis un peu dure avec moi même.

- je râle beaucoup contre la SNCF : pour que vous compreniez bien mon problème, je prends 4 trains par jour, 2 à l'aller/2 au retour...et bien depuis le 25 août, date de mon retour de vacances, j'ai eu au moins un train par jour qui subissait un retard ou une avanie quelconque !

- je râle contre les Mulots parcequ'il faut TOUT répéter, 1OO fois, tous les jours.

- je râle contre le radiateur de l'entrée qui ne tient contre le mur que grace à une pile de boîtes de MES chaussures. Message personnel à Rat des Champs...

Et hop ! Je veux savoir pourquoi Miss Clairon, Manée et Madame Vichy & Toile de Jouy râlent !

Grincheux